24.11.2009
lettre du Groënland 1
Au Groenland, plus de repères. Plus de notion d'espace dans un pays où rien ne donne l'échelle, pas un arbre, pas une route, l'oeil s'y perd. Un tapis de mousse pourrait être une forêt équatoriale vue d'avion, les icebergs des cubes de glace, les montagnes des cailloux. Les rares constructions, bizarrement colorées, sont si incongrues dans un paysage si fou qu'elles font l'effet de maquettes dans un jeu de train électrique.
Pas de notion de temps, en été on est dans un jour permanent, une drôle d'équation mathématique exacte : un jour égale trois mois, pas même un peu de crépuscule, a-t'on dormi une heure? Dix heures?
Plus même de couleur, le Groenland -Greenland, le pays vert- est blanc sur 85 % de son territoire, une calotte uniformément blanche, un blanc blanc, jamais cassé d'une pointe de couleur, parfois un peu accidenté sur les glaciers, mais sur des centaines de kilomètres d une telle uniformité, d'une telle régularité, que l'on se demande si ce n'est pas un épais brouillard, mais non, la visibilité est bonne, et l'horizon blanc bien dessiné sur le ciel bleu.
Ce n'est pourtant pas monotone, peut-être justement à cause de ce dépaysement total et absolu, partout ailleurs on s'ennuierait, ici la fascination opère.
(c) Véronique Durruty - tous droits réservés
08:59 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note




Commentaires
Bonne journée et merci pour ces lignes, Pascal.
Écrit par : Djemaa | 07.12.2010
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